mercredi 13 août 2014

Lu 14/07 : Fête nationale !

NB : n'hésitez pas à cliquer sur les photos pour les agrandir ! 

Le premier week-end complet à Grenoble était un looooong week-end (comme cet article), puisque le lundi 14 juillet était férié pour tout le monde. Fête nationale française ! Il y avait en plus plein d'activités organisées dans la ville de Grenoble pour l'événement. On avait notamment le choix entre différentes activités au centre ville et un bal à la Bastille.

Une autre vue sur la Bastille
La journée a démarré lentement, le temps de se réveiller, de se laver, de faire la vaisselle (il fallait tout le temps faire la vaisselle ... J'ai même fait un gros câlin à notre lave-vaisselle quand je suis rentrée à la maison, tellement c'était frustrant de toujours devoir faire ça), ... Puis j'ai consacré la première partie de la journée à la création et la rédaction du blog, concernant les premiers jours à Grenoble, sur la suggestion éclairée de Chou. Le nombre de visites a explosé les jours suivants, je ne m'attendais pas à un tel succès !

Parade militaire, place Verdun

Avec les autres étudiants de l'école d'été, nous avions convenu de nous retrouver vers 17h dans le hall d'entrée pour aller voir la parade militaire place Verdun. Je pense que c'est la seule fois où nous étions  tous rassemblés, les 18 étudiants, pour un événement. C'était chouette. En plus, plusieurs d'entre nous avaient leur magnifique sac à dos offert par l'ESRF, vert pomme et aux sigles de l'école d'été. Reconnaissable entre mille, pas moyen de se perdre dans la foule !

Les rangs d'oignon

La première étape était donc la parade militaire sur la place Verdun. On y est allé à pied, en papotant. Il y avait pas mal de gens présents sur place, certains sur des gradins, la plupart autour de barrières. Les militaires étaient alignés en rangs d'oignons, comme toujours lors de ce genre de choses. Et les hauts-gradés remettaient les médailles de la Légion d'Honneur à certains soldats (majoritairement ceux qui sont très âgés et qui ont survécu à une ou plusieurs guerres). 

Défilé des pompiers

Pendant ce temps-là, Valoune, trop petite pour prendre des photos à hauteur de ses yeux, est passée en mode "extension" et a tenté de prendre des photos de la scène sans muraille de gens devant. Comme je ne possède pas d'écran amovible sur mon appareil (une erreur), ce fut une séance de dextérité mélangée à de la chance pour obtenir quelque chose de correct, et surtout de droit ! C'était fun aussi. Mais le résultat est satisfaisant :)



Y avait même des bateaux !
 Après la remise des Légions d'Honneur et autres médailles, nous avons repéré avec Jutta, Alberto et Petra, que certains organisateurs plaçaient des barrières supplémentaires là où il n'y avait encore personne. Notre flair nous a indiqué d'aller nous y placer. Quelle bonne idée ! La remise des médailles a été suivie d'un défilé des différentes unités, et nous étions donc aux premières loges. Après les différentes unités, des véhicules de tout genre sont également passés : des chars d'assaut, naturellement, mais aussi des camions de pompier par exemple. On aurait dit des musées ambulants car, outre les conducteurs, certains militaires étaient placés derrière les mitraillettes des véhicules, en position de tir, et ne bougeaient pas d'un pouce. J'ai eu chaud pour eux aussi, car la température était élevée, l'ombre absente, et leurs uniformes semblaient épais et constitués de plein de couches différentes...

Au début, je n'étais pas très chaude pour la parade militaire (mon premier choix aurait été de monter à la Bastille pour le fameux bal), mais au final, je ne regrette pas d'être restée avec les autres étudiants : la parade s'est révélée assez intéressante, et la suite de la journée encore plus ! (surtout les feux d'artifice ... spoilers !)

Chouette lieu de pique-nique, non ?
Pour la suite du programme, nous sommes partis à la recherche de quelque chose à manger (surtout parce que j'allais me transformer en Hulk si je ne mangeais pas assez rapidement, j'avais faim !). En effet, si on amenait notre pique-nique dans un certain parc de Grenoble, on avait les boissons offertes. Donc, quête du pique-nique en question ! Je me suis contentée d'un sandwiche (très bon d'ailleurs. Mais il ne faut pas espérer avoir un sandwiche pour moins de 4,20€ en France, c'est la tape), d'autres ont acheté pitas et autres kebabs. 

Pour vous situer un peu la soirée ...
Puis, direction le parc en question pour les boissons gratuites ! Il y avait plein de monde et on pouvait se servir à volonté en boissons, à savoir : jus d'orange, eau, vin rouge, vin blanc, ... On s'est ensuite installé sur une pelouse assez large pour former un cercle de 18 personnes et pique-niquer. Certains étaient mieux préparés que d'autres. Par exemple, il nous semblait que Max avait réussi à amener la moitié de sa cuisine et de son frigo dans un petit tupperware. The Amazing Petr a encore ouvert une pomme en deux à mains nues... Bref, on a mangé tranquillement dans un superbe cadre :)

A un moment, on a aperçu une certaine agitation un peu plus loin dans le parc, et nous sommes allés voir ce qu'il s'y passait. Et bien, il y avait une esplanade de béton (parfaite pour rider, au fait), plein de gens partout et une scène de spectacle. Sur cette scène, rien de moins qu'un mix entre flamenco et danse du ventre. J'ai fini par regretter d'avoir laissé mes bloxx (que j'avais emportées au cas où) à la résidence. Ca compensait un peu les festivals que je manquais en Belgique !

La soliste
Il y avait plusieurs groupes de danseuses, et une soliste qui bougeait tellement tout le temps qu'il était impossible de prendre une seule photo nette d'elle. Enfin, pas avec un Coolpix P7000 en tous cas. J'ai quand même réussi à prendre deux ou trois photos d'elle, mais ce fut dans la douleur :P Un véritable challenge ce spectacle de danse. Pour pouvoir capter correctement la fluidité des mouvements de la danseuse, j'ai été contrainte de prendre une petite vidéo. C'était assez fascinant à voir. Car, dans un premier temps, on ne s'aperçoit pas qu'elle fait des mouvements en permanence, il y a juste cette impression de fluidité dans ses gestes. Mais quand on essaie de capter le moment, on s'aperçoit que quelque chose ne va pas ... J'étais fort impressionnée par ces/ses compétences ! :)


Pour accompagner ces danseuses, il y avait également des percussionnistes, qui frappaient sur des vieux bidons industriels, comme le groupe qu'on voit systématiquement à l'Unifestival en octobre. Par contre, le niveau n'est pas le même ! Notre petit groupe régional qui preste à l'Unifestival est bien meilleur ! Bien plus de rythme, de détails, de richesse, même si ce ne sont que des percussions. Ceux de l'Unifestival nous emportent dans leur monde, dans leur dynamique, nous entrainent avec leur peps, tandis que les percussionnistes de Grenoble étaient juste là pour le support et ne pourraient pas constituer un spectacle entier en eux-mêmes. Pas qu'ils soient mauvais (bien que la coordination n'était pas tip top parfois), c'est juste que j'ai vu mieux et que j'ai été un peu déçue de ne pas retrouver la même ambiance. :)

Creepy guy !

Pour revenir sur le challenge photographique et sur les choses dont on ne s'aperçoit qu'en prenant la photo : après les danseuses mi-flamenco mi-danse du ventre, un autre groupe de danseuses est venu sur scène, avec une gestuelle plus aérienne et paisible. En voulant prendre en photo l'ensemble harmonieux et délicat de ces danseuses, j'ai remarqué, à travers l'objectif, un intrus plutôt flippant ! Ca ne m'a frappée qu'en prenant la photo, mais une fois qu'on le voit, on ne peut plus l'oublier, et on le voit partout ! Ca nous a valu un bon fou rire quand j'ai partagé cette observation avec les autres étudiants ...



La soirée s'est poursuivie avec un concert de reprises de rock français. On attendait la tombée de la nuit et qu'il fasse suffisamment noir pour profiter des feux d'artifice. Les reprises de rock français ont parlé beaucoup aux francophones (c'est-à-dire trois d'entre nous), tandis que les autres étudiants étaient plutôt blasés. Le jeu de la traduction a été lancé, pour les garder dans l'ambiance. Mais ce n'est pas évident d'être crédible en traduisant les paroles répétitives de "Ca, c'est vraiment toi !"

L'ambiance ...
Et puis, en dernière partie de soirée ... les feux d'artifice ! Je ne saurais pas illustrer cette partie avec des photos car la batterie de mon appareil m'a lâchée à ce moment là. Ce qui n'est pas plus mal car ça m'a permis de profiter de l'instant présent, sans le regarder à travers un écran. Ce feu d'artifice était phénoménal. Il semblerait que ce soit monnaie courante en France, d'en faire des comme ça. Notre collègue français était d'ailleurs très blasé et répétait à qui voulait bien l'entendre que tout cela était très classique. Mais pour les petits belges, nous étions du même avis, c'était du jamais vu ! Ce feu d'artifice était extraordinaire.

D'une part, il y avait notre localisation. Comme nous nous étions posés sur l'esplanade, nous étions quasiment au pied de la tour qui lançait les feux, et donc juste en dessous des belles rouges. C'est très impressionnant, ça donne une dimension gigantesque à la chose ! Quand vous êtes juste en dessous des feux d'artifice, vous voyez les fusées partir de la tour (un trait gris dans le ciel) et puis l'explosion se passe juste au-dessus de votre tête. Ca donne l'impression saisissante que la belle rouge (ou bleue ou verte) prend naissance juste au dessus de votre tête et croît le long d'une coupole sous laquelle vous seriez placé. L'expansion du feu, depuis le début de son explosion jusqu'à la disparition des étincelles, vous place sous un dôme coloré gigantesque, comme une couverture brillante et scintillante, et qui fonce sur vous à toute vitesse (c'est l'impression que donne l'expansion phénoménale, vue du dessous). C'est aussi un peu terrifiant, dans le sens grisant, de voir toutes ces explosions au-dessus de sa tête. On craint aussi de voir tomber les débris sur nous, mais le vent était présent. Et les nuages aussi, ce qui ajoutait un touche incroyable au spectacle.

Photo prise par Alberto
C'était très impressionnant à cause de notre localisation mais aussi à cause de l'ampleur du feu d'artifice ! Ca n'a aucune commune mesure avec nos feux belges. En guise de comparaison, je peux juste dire que l'ouverture du feu d'artifice correspondait à ce que nous appelons "bouquet final". Alors je vous laisse imaginer la suite. Mais c'est inimaginable, une explosion de couleurs et de grosses et belles rouges les unes après les autres ! Et plein de petits jets dorés semblables à des plumes tout autour de la tour ! Et les belles rouges fonctionnaient en deux phases : d'abord le rouge, et puis, à chaque point rouge, une seconde explosion en une myriade de petites lucioles dorées. Ai-je aussi mentionné que ce spectacle grandiose avait duré 30 min, avec une majorité de mes feux préférés ? Fantastique, c'était vraiment une soirée inoubliable.


Durant le feu d'artifice, plusieurs textes étaient aussi diffusés via la précédente scène. Il s'agissait de différents extraits du discours de Charles de Gaulle, de textes relatifs à la liberté, de témoignages de résistants de la seconde guerre ...

Après tout ça, cette apothéose de fin de soirée, il a fallut rentrer un peu sonnés à la résidence. Toutes les autres personnes présentes ont fait de même, donnant lieu à une immense fourmilière humaine, se dirigeant plus ou moins vers les mêmes directions (s'éloignant de manière radiale de l'esplanade, en gros). La foule était vraiment grande, et ça aussi, c'était impressionnant, de voir tous ces gens autour de soit, d'être dans le mouvement fluide de la foule et de réaliser qu'il y avait tout ce monde au même endroit. 

On a fini par revenir à proximité de la résidence. Avec la météo très clémente (il faisait vraiment bon à 23h, à Grenoble), les sensations qu'on venait de vivre, un groupe de nouveaux amis, l'Isère, la nuit, je me sentais vraiment en vacances, malgré la journée de cours et de travail qu'il allait falloir assumer le lendemain. C'était vraiment une excellente journée, un superbe moment, une des meilleures journées que j'ai passées à Grenoble durant mon séjour.

[Et pour les courageux qui ont lu jusqu'au bout, j'ai une vidéo du feu d'artifice :) Cliquez ici !]

samedi 9 août 2014

Sa 12/07 et Di 13/07 : premier week-end


Samedi 12 juillet 2014

Vue sur les télécabines de Grenoble, sur l'Isère

Après le jeu de cartes nocturne, une grasse matinée s'imposait. C'est donc tout naturellement que je me suis réveillée à 11h40. Il y avait aussi toute la fatigue de la semaine à rattraper ! Les autres étudiants avaient prévu de faire un tour de la ville en touristes (et un peu de shopping en prévision du hike du lendemain) ce jour là. Mais le temps de me réveiller, de prendre une douche et de faire la vaisselle, j'ai émergé à 15h seulement de l'appartement.




Première mission de la journée (après le réveil réussi) : trouver des cartes postales ! J'avais en effet toute une liste de personnes auxquelles en envoyer. Je me suis dirigée directement vers la gare, me disant que je trouverai certainement des cartes postales là-bas. En effet, j'en ai trouvées dans un Relay, et des jolies en plus ! J'en ai acheté 10 ... pour la première fournée (d'ailleurs j'espère que vous les avez bien tous reçues ...).


Jardins de ville, au pied des télécabines


Puis, en allant faire les courses au petit Spar près de la gare, je suis tombée sur les étudiants touristes qui finissaient leurs propres courses. Ils m'ont même attendu le temps que je fasse les miennes (j'y ai d'ailleurs acquis un poireau étonnamment long ... blagues tendancieuses en approche). Nous sommes alors retournés à la résidence tous ensemble. Ils avaient également fait du shopping dans un décathlon en prévision du hike du lendemain.



De retour à la résidence, nous avons malheureusement appris que le hike était annulé pour cause de météo incertaine. Les organisateurs préféraient en effet reporter le hike à un autre week-end plutôt que de prendre le risque d'être trempés au sommet. Nous nous sommes alors consolés avec un gouter copieux, partagé avec Alberto, Marti et Petra, chacun amenant une partie de ses victuailles. Le gouter s'en ensuite prolongé en partie de cartes, d'abord le Valet noir, ensuite une sorte de Bataille corse. Mes phalanges endolories s'en souviennent. Puis chacun est rentré chez lui pour souper et Valoune est allée dormir très tôt pour récupérer de toute sa fatigue accumulée (et se recaler sur un cycle de sommeil normal).

Dimanche 13 juillet 2014

Sur la place du marché

Le hike était annulé pour cause météo hasardeuse. Mais à Grenoble, il n'a pas plu. Ce n'est certainement pas le même climat entre Grenoble (200m d'altitude) et le lieu de la randonnée (1700m d'altitude). Toujours est-il que nous avons décidé de ne pas rester inactifs. Personnellement, je n'avais pas encore découvert le centre-ville, et certains des autres étudiants souhaitaient y retourner pour prendre plus de photos. Une petite balade dans le centre historique de Grenoble s'imposait donc !


On a surtout marché sans objectif particulier dans la zone, à moitié perdus la plupart du temps, et bavardant à propos de choses et d'autres. J'ai quand même eu l'occasion de prendre quelques photos mais je n'ai pas pu reprendre tout le centre historique de Grenoble avec moi. Durant le temps de midi, nous nous sommes arrêtés à la place Verdun pour pique-niquer et manger nos sandwiches. Puis on est rentré tranquillement à la résidence, pas pressés, avec une ambiance de vacances dans l'air. De retour à la résidence, mon mode repos était toujours activé, j'ai donc décidé de faire une petite sieste.
Puis, à l'heure du souper, on a lancé une activité récurrente avec un groupe de 5-6 personnes. J'avais un peu trop d'ingrédients pour faire une sauce spaghetti pour moi toute seule, alors j'ai invité d'autres étudiants à amener leurs pâtes pour partager la sauce.

Une rue ...

J'ai cuisiné une sauce avec un peu tout ce qui me passait sous la main : champignons, oignons, dés de jambon, crème, sauce tomate, fromage râpé, ... C'était délicieux, on en a eu pour 5 personnes, et suffisamment pour que chacun se serve deux fois. J'en ai même gardé au frigo pour le lendemain. Après ça, les soirs suivants, les autres membres du groupe de 5-6 personnes se sont relayés pour cuisiner quelque chose pour nous tous, de préférence typique de leur pays d'origine. Pour ma part, j'étais très limitée à cause de l'impossibilité de trouver du sirop de Liège dans le coin ...

Pour terminer la journée, on s'est organisé via notre groupe facebook pour aller boire un verre en ville avec qui voulait. C'était l'occasion de découvrir Grenoble by night. On était une petite dizaine, à suivre Jutta qui avait déjà fait du repérage.

Place Verdun, pour le pique-nique

On a fini par atterrir dans un bar très prometteur. La carte était entièrement (ou presque) composée de bières belges : Rochefort, Kriek, Kastel, Chimay, Leffe, Duvel, Cuvée des Trolls, Karmeliet, Chouffe, et j'en oublie plein... De quoi être fière de son pays ! :D Ils ont donc réussi à me faire atterrir dans le seul bar belge de Grenoble, qui organisait même une soirée spéciale pour le 21 juillet ! Soirée à base de Duvel et de cadeaux à gagner. Par contre, vous me connaissez, je ne bois pas d'alcool et me suis donc rabattue sur un diabolo grenadine.

Puis nous avons joué à "Never have I ever", version anglaise de "Jamais j'ai jamais". Ce qui a rendu la soirée très drôle au fil des compléments d'information donnés par les différents "coupables". ;)

Une petite dernière de la Place Verdun pour la route

[Toutes les photos sont extraites de la carte mémoire de mon Coolpix P7000]

Ve 11/07 : Articles et jeux de cartes

La seconde journée de labo (et dernière journée de la semaine) n'est pas aussi palpitante que les autres, professionnellement parlant. On prend le rythme, on découvre, on s'installe, on fait les formalités administratives, ... On avance tranquillement. Un facteur limitant dans notre projet était l'arrivée tardive des échantillons : le temps de faisceau était réservé pour le 18 juillet, ce qui nous laissait amplement le temps de prendre en main les différents logiciels.

Maille cristalline de CeO2
La matinée a été consacrée aux tutoriels. Dans un premier temps, nous avons appris à utiliser le logiciel Fit2D (qui plante une fois sur deux) pour réaliser la calibration. En effet, on ne connait pas avec précision la longueur d'onde du faisceau, la distance du détecteur à l'échantillon, la légère rotation du détecteur etc ... Pour calibrer, on utilise deux mesures de diffraction sur CeO2, prises à deux distances différentes. On connait grosso modo la distance initiale du détecteur à l'échantillon, et précisément la distance entre les deux positions du détecteur. Muni de ces mesures, on peut déterminer la longueur d'onde du faisceau et les différents paramètres. En chipotant avec une calculatrice. Je n'ai pas l'impression que ce programme soit une perle de code.

Par la suite, nous avons lu l'article concernant la technique que nous allions utiliser. Il s'agit de la technique PDF pour Pair Distribution Function, qui donne (via transformées de Fourier et autres opérations) la distribution des distances entre les atomes voisins dans le composé. On obtient une série de pics à différentes longueurs, chaque pic correspondant à une liaison entre deux atomes de la maille ou du cluster. Cet outil est donc très puissant pour suivre l'évolution d'un échantillon possédant seulement un ordre à faible distance (contrairement aux cristaux où la périodicité du motif est virtuellement infinie). C'est à cette occasion qu'on s'est aperçu d'un soucis au niveau des pc qui nous sont loués : impossible d'accéder au serveur du labo via la machine virtuelle depuis le pc portable. 

Le résultat final de la porte du bureau !
L'après-midi, nos encadrantes étant occupées ailleurs (probablement à seconder des utilisateurs de la ligne, des chercheurs qui ont commandé du temps de faisceau pour passer leurs propres échantillons mais qui ne sont pas de la maison et viennent seulement quelques jours), nous avons décidé de terminer les formalités administratives (obscures). Il fallait encore rendre des papiers concernant l'assurance complémentaire de santé, faire quelques formations de sécurité en ligne (et oui, encore des formations, toujours des formations ...). J'ai également profité de ce temps mort pour avertir certains professeurs de la possibilité de m'envoyer des échantillons pour le faisceau. Bref, on a essayé de passer le temps avec ce qu'on avait déjà à faire, le manque d'accès au réseau, et une fatigue croissante. Petra et moi, nous avons aussi considéré que mettre nos noms sur la porte (comme on nous l'avait proposé) faisait partie des formalités administratives. Nous nous sommes beaucoup amusées à essayer de décrire en dessin nos pays d'origine.

A un moment dans l'après-midi, en ayant marre des formalités administratives et de rester sur les pc, nous sommes allées voir sur la beamline (qui se trouve à quelques encablures et passerelles du bureau) si il n'y avait rien d'intéressant à faire ou à voir. On est tombé sur Simon, un des post-docs, qui est en charge de la collaboration avec les chercheurs qui nous envoyaient gentiment des échantillons de bismuth. Quand on lui a demandé s'il y avait quelque chose à faire, il a semblé manquer d'inspiration et nous a répondu, en vérifiant l'heure (16h) que c'était probablement l'heure du bar (pub o'clock). On a pris ça pour une invitation à rentrer à la résidence. C'est d'ailleurs devenu une blague récurrente avec Petra, ce "pub o'clock".

La suite de la journée était socialement plus intéressante. Nous sommes d'abord allés à plusieurs faire les courses au supermarché (où ma maitrise du français a été d'une grande aide pour certains articles). Puis de retour à la résidence, des échanges musicaux ont commencé avec Marti. A force d'écouter un artiste belge puis un artiste espagnol/catalan, j'ai pu découvrir Jean-Luc et Russian Red. Mais les découvertes n'ont pas été que musicales ! J'ai aussi pu découvrir le pain à la tomate typiquement catalan (Marti n'a pas pu résister quand il a vu que j'avais de la baguette et une tomate). Il s'agit d'un pain sur lequel on frotte (et on détruit) une demi-tomate, en ajoutant de l'huile d'olive et sel/poivre. Ca rend le pain beaucoup plus agréable et intéressant à manger.

Pain à la tomate

Un exemple de combinaison
 Durant la soirée, on s'est encore retrouvé dans le salon avec les autres étudiants, pour jouer à un autre jeu de cartes : Cards Against Humanity. Je ne sais pas s'il existe un équivalent en français. Il y a des cartes noires avec des phrases à compléter ou des petits poèmes à réaliser, et des cartes blanches comprenant chacune une option pour compléter les trous des cartes noires. Le but du jeu étant de proposer la solution la plus drôle, et/ou la plus versée dans l'humour noir. Plus c'est glauque, mieux c'est. On a joué toutes les cartes, en faisant des combinaisons plus ou moins drôles/osées, ce qui nous a fait tenir jusqu'à minuit/1h du matin. Après ça, il était largement temps d'aller dormir.

Je 10/07 : Première journée de labo

 

La première journée sans cours et donc au labo était assez calme. Tous les étudiants étaient répartis dans différents groupes de travail pour avoir l'occasion de mettre la main dans le cambouis du synchrotron (ou du réacteur). De mon côté, j'étais assignée au même projet qu'une autre étudiante, Petra (qui vient d'Autriche). Combinaison parfaite :)



La journée a vraiment commencé avec un RDV à 10h à l'ESRF pour la formation de sécurité sur les pratiques de labos (chemical safety training). On pouvait donc dormir un peu plus longtemps ce matin-là. Ce qui n'a pas empêché le réveil d'être maussade face à la pluie continue qui tombait toujours sur Grenoble. Nous avons donc pris le bus à plusieurs pour nous rendre sur le campus et ne pas être mouillé. Et bien, par temps de pluie, le bus, ce n'est toujours pas une super bonne idée. D'abord, il y a les embouteillages, et ensuite, on meurt de chaud dans le bus bondé et humide. C'est pas très convivial. Sans compter que le trajet à pied pour rejoindre le campus en lui-même puis le bâtiment de l'ESRF nous a laissé suffisamment de temps pour arriver trempés, tout juste en retard à la formation. Un petit mot d'excuse pour la madame et on commence les choses sérieuses.

La formation de sécurité en soi était très intéressante et j'ai même appris des trucs concernant la sécurité en labo (en effet, même si les normes à respecter sont françaises, les produits chimiques et la manière de les manipuler ne change pas avec les frontières). De nouveau, on ne rigole pas avec la sécurité à l'ESRF. Enfin, en théorie … car même si la théorie est très stricte, il y a toujours un certain laisser aller en pratique dans les labos.
Par contre, la dame qui nous donnait cette formation avait l'air absolument ravie d'être là, et surtout de parler anglais. On voyait bien que l'anglais n'était franchement pas sa tasse de thé. Mais le gros problème a été le ton monocorde et dénué de toute étincelle de passion qui nous a été servi pendant presque deux heures.

Juste après cette formation, nous sommes allées à la beamline qui nous avait été attribuée avec Petra. Il s'agissait de la ligne de lumière ID15 et le bureau des encadrante se situait au Secteur 10. A savoir à l'opposé de l'entrée de l'anneau. Nous avons donc eu la joie de parcourir la moitié de la circonférence du bâtiment, truffée de pièges divers : passerelles réservées aux colis, murs infranchissables de beamlines plus longues ... Le trajet a ainsi été composé de différentes portions sur le 1er étage et le rez-de-chaussée (et de découvertes du moment approprié pour changer d'étage). On en a conclu, avec déception, qu'il n'était pas possible de faire son jogging autour de l'anneau sur le temps de midi, à cause des nombreux obstacles à éviter en hauteur. Mais c'est assez fun et j'imagine très bien une partie de paintball ou de laser game dans un vieux synchrotron désaffecté. On pourrait y passer la semaine.
Vue à la sortie du bureau
Nous sommes finalement arrivées au bureau à temps pour voir les différents membres du service se rassembler pour aller déjeuner (diner chez les Belges). Nous avons pu faire un peu plus connaissance avec les différents post docs sur la ligne et les autres responsables. 
L'après-midi, notre première journée de labo, a été assez calme. Nous avons tout d'abord eu la joie de découvrir que nous avions notre propre bureau à Petra et moi, avec deux tables chacune, des sièges en mode roulette russe (il fallait trouver le bon) et de la poussière. Un charme, mais on avait notre propre bureau, alors c'était chouette :) On est même allé faire une copie de la clé du bureau, pour ça nous avons longé la seconde moitié du synchrotron, et nous avons patienté un moment dans le bureau du responsable serrure, car il voulait que son stagiaire (qui n'était pas dans le bureau) les fasse.

Clusters de bismuth (1)
Dans notre tout nouveau bureau, l'après-midi a été consacrée à la lecture des articles que nous avait imprimés notre encadrante. L'un d'entre eux concernait la technique utilisée, le second était le tutoriel d'un logiciel qu'on allait manipuler et le dernier était un article consacré au type d'échantillon qu'on allait analyser. Nous avons décidé de commencer par ce dernier (qui était le plus court). Et là, révélation ! Car cet article traitait de clusters de bismuth. Depuis le début de l'école d'été, je me demandais bien ce que je pouvais faire là. La plupart des étudiants travaillaient dans un domaine lié aux RX ou aux neutrons, avaient déjà eu l'occasion de travailler avec ce genre d'instrumentation ou se destinaient à aller là dedans. En bref, je me sentais un peu comme le vilain petit canard au milieu de tout ça, et je ne comprenais pas trop ce que je faisais là. Jusqu'à ce que j'apprenne que l'échantillon qui nous était prêté pour le stage était un échantillon de nanoclusters de bismuth ! Alors, je ne sais pas si c'était mûrement réfléchi de la part des organisateurs, mais les nanoclusters, c'est un domaine connu pour moi puisque que j'ai passé 2-3 mois de ma première année de master (cette année quoi) à travailler sur des nanoclusters d'or. Révélation ! J'avais trouvé ma place ! :)

C'était encore plus vrai car nous faisions une bonne équipe qui se complète avec Petra. En effet, elle avait déjà travaillé avec de la diffraction des rayons X (domaine avec lequel j'étais franchement moins en confiance). Mais elle étudie la science des matériaux, donc la chimie des nanoclusters (et la chimie de base en général), ce n'est pas trop son truc. Et c'est là que Valoune intervient ! C'était une combinaison parfaite car chacune pouvait répondre aux questions et aux lacunes de l'autre, chacune maitrisant une partie différente du sujet.

Clusters d'or (coeur Au25) (2)
Nous n'avons pas lu d'autres articles ce jour là, l'après-midi étant déjà bien avancée et nos petits cerveaux fatigués. Nous avons cependant eu la visite de Veijo, tête de la ligne de lumière (ceci étant une mauvaise traduction de "Head of the beamline"), qui voulait nous rencontrer. Il est resté 5min mais nous a laché une bombe : "hé, au fait, si vous avez amené vos propres échantillons, vous pouvez les passer ! Le faisceau est là, rien de plus simple que de les mettre dedans !". Comment ? Pardon ? MES propres échantillons ? Mélange de pensées dans ma tête : mais c'est trop cool ! - wouaw, on a un accès gratuit au faisceau pour notre propre recherche ! - Ah mais j'ai rien du tout avec moi comme échantillons ....

Petra avait des échantillons avec elle, au cas où, ce qui s'est donc très bien mis. De mon côté, je n'avais rien de prévu. J'ai préféré attendre confirmation de la part de nos encadrantes avant de contacter les différents profs pour qu'ils m'en envoient. Mais la perspective de passer mes clusters d'or (car, de toute évidence, avec l'article concernant les clusters au bismuth, c'était possible), m'enchantait déjà.

Après toutes ces émotions, nous sommes retournées à la résidence. Le souper a été frugal, j'ai mangé les restes des pâtes bolo (j'en ai mangé 3 jours de ces pâtes). Durant la soirée, on s'est retrouvé avec différents étudiants dans l'espèce de salon de la résidence. Il s'agit juste d'un couloir assez large où sont disposés des fauteuils en plastiques. On y a joué aux cartes (au Président plus précisément ... version Catalane), on s'est raconté nos journées, c'était sympa. :)


(1) Clusters de bismuth : Andrews et al., Angew. Chem. Int. Ed. 2006, 45, 5638-5642
(2) Clusters d'or :  Fields-Zinna, C. A.; Sampson, et al.. J. Am. Chem. Soc. 2009, 131, 13844-13851