samedi 9 août 2014

Ve 11/07 : Articles et jeux de cartes

La seconde journée de labo (et dernière journée de la semaine) n'est pas aussi palpitante que les autres, professionnellement parlant. On prend le rythme, on découvre, on s'installe, on fait les formalités administratives, ... On avance tranquillement. Un facteur limitant dans notre projet était l'arrivée tardive des échantillons : le temps de faisceau était réservé pour le 18 juillet, ce qui nous laissait amplement le temps de prendre en main les différents logiciels.

Maille cristalline de CeO2
La matinée a été consacrée aux tutoriels. Dans un premier temps, nous avons appris à utiliser le logiciel Fit2D (qui plante une fois sur deux) pour réaliser la calibration. En effet, on ne connait pas avec précision la longueur d'onde du faisceau, la distance du détecteur à l'échantillon, la légère rotation du détecteur etc ... Pour calibrer, on utilise deux mesures de diffraction sur CeO2, prises à deux distances différentes. On connait grosso modo la distance initiale du détecteur à l'échantillon, et précisément la distance entre les deux positions du détecteur. Muni de ces mesures, on peut déterminer la longueur d'onde du faisceau et les différents paramètres. En chipotant avec une calculatrice. Je n'ai pas l'impression que ce programme soit une perle de code.

Par la suite, nous avons lu l'article concernant la technique que nous allions utiliser. Il s'agit de la technique PDF pour Pair Distribution Function, qui donne (via transformées de Fourier et autres opérations) la distribution des distances entre les atomes voisins dans le composé. On obtient une série de pics à différentes longueurs, chaque pic correspondant à une liaison entre deux atomes de la maille ou du cluster. Cet outil est donc très puissant pour suivre l'évolution d'un échantillon possédant seulement un ordre à faible distance (contrairement aux cristaux où la périodicité du motif est virtuellement infinie). C'est à cette occasion qu'on s'est aperçu d'un soucis au niveau des pc qui nous sont loués : impossible d'accéder au serveur du labo via la machine virtuelle depuis le pc portable. 

Le résultat final de la porte du bureau !
L'après-midi, nos encadrantes étant occupées ailleurs (probablement à seconder des utilisateurs de la ligne, des chercheurs qui ont commandé du temps de faisceau pour passer leurs propres échantillons mais qui ne sont pas de la maison et viennent seulement quelques jours), nous avons décidé de terminer les formalités administratives (obscures). Il fallait encore rendre des papiers concernant l'assurance complémentaire de santé, faire quelques formations de sécurité en ligne (et oui, encore des formations, toujours des formations ...). J'ai également profité de ce temps mort pour avertir certains professeurs de la possibilité de m'envoyer des échantillons pour le faisceau. Bref, on a essayé de passer le temps avec ce qu'on avait déjà à faire, le manque d'accès au réseau, et une fatigue croissante. Petra et moi, nous avons aussi considéré que mettre nos noms sur la porte (comme on nous l'avait proposé) faisait partie des formalités administratives. Nous nous sommes beaucoup amusées à essayer de décrire en dessin nos pays d'origine.

A un moment dans l'après-midi, en ayant marre des formalités administratives et de rester sur les pc, nous sommes allées voir sur la beamline (qui se trouve à quelques encablures et passerelles du bureau) si il n'y avait rien d'intéressant à faire ou à voir. On est tombé sur Simon, un des post-docs, qui est en charge de la collaboration avec les chercheurs qui nous envoyaient gentiment des échantillons de bismuth. Quand on lui a demandé s'il y avait quelque chose à faire, il a semblé manquer d'inspiration et nous a répondu, en vérifiant l'heure (16h) que c'était probablement l'heure du bar (pub o'clock). On a pris ça pour une invitation à rentrer à la résidence. C'est d'ailleurs devenu une blague récurrente avec Petra, ce "pub o'clock".

La suite de la journée était socialement plus intéressante. Nous sommes d'abord allés à plusieurs faire les courses au supermarché (où ma maitrise du français a été d'une grande aide pour certains articles). Puis de retour à la résidence, des échanges musicaux ont commencé avec Marti. A force d'écouter un artiste belge puis un artiste espagnol/catalan, j'ai pu découvrir Jean-Luc et Russian Red. Mais les découvertes n'ont pas été que musicales ! J'ai aussi pu découvrir le pain à la tomate typiquement catalan (Marti n'a pas pu résister quand il a vu que j'avais de la baguette et une tomate). Il s'agit d'un pain sur lequel on frotte (et on détruit) une demi-tomate, en ajoutant de l'huile d'olive et sel/poivre. Ca rend le pain beaucoup plus agréable et intéressant à manger.

Pain à la tomate

Un exemple de combinaison
 Durant la soirée, on s'est encore retrouvé dans le salon avec les autres étudiants, pour jouer à un autre jeu de cartes : Cards Against Humanity. Je ne sais pas s'il existe un équivalent en français. Il y a des cartes noires avec des phrases à compléter ou des petits poèmes à réaliser, et des cartes blanches comprenant chacune une option pour compléter les trous des cartes noires. Le but du jeu étant de proposer la solution la plus drôle, et/ou la plus versée dans l'humour noir. Plus c'est glauque, mieux c'est. On a joué toutes les cartes, en faisant des combinaisons plus ou moins drôles/osées, ce qui nous a fait tenir jusqu'à minuit/1h du matin. Après ça, il était largement temps d'aller dormir.

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